17•Hygiène intellectuelle

17•Hygiène intellectuelle

Épisode 17, Covid-19, mai 2020

Vaccin à l’horizon

La période que nous abordons est critique. En écoutant les médias, j’ai ainsi appris avec stupéfaction que des vaccins contre la COVID-2 étaient déjà en phase de test in vivo sur des volontaires. Ceci va à l’encontre de toute éthique morale et scientifique. Toute atteinte au corps physique d’un être humain soit en effet être un acte mûrement réfléchi. On doit le prendre après avoir écarté toutes les alternatives non invasives. Or vacciner est un acte de nature invasive. Car on introduit de manière volontaire, dans un corps non malade, des produits susceptibles de faire réagir le système immunitaire.

Ce qui est en train de se passer est donc tout simplement inadmissible. Il va être difficile de me faire croire que l’on a pu en moins de 6 mois trouver des vaccins efficaces. De fait, voilà 17 ans que l’on cherche un vaccin contre le virus SARS-CoV, petit frère du SARS-CoV-2. Or, à ce jour aucun ne s’est révélé efficace. Ceci m’amène aussi à vous parler à nouveaux des gestes barrière. Cette fois-ci dans le cadre d’une hygiène intellectuelle et non plus d’une hygiène physique. En effet, pensez-vous à bien vous laver le cerveau après chaque passage sur internet ou les réseaux sociaux ?

La dialectique

Car, on affirme que le monde extérieur est plein de méchants virus et d’ignobles bactéries. Leur seul but est de nous infecter pour mettre à feu et à sang notre corps. Nous trouvons là l’occasion de parler de notre première règle d’hygiène intellectuelle : la dialectique. Il s’agit ici d’une marche de la pensée. Cette démarche reconnait le caractère inséparable des propositions contradictoires (thèse, antithèse), que l’on peut unir dans une synthèse. Une chose est dite, eh bien quid de son contraire ? Cela doit être un réflexe vital (thèse -> antithèse). Ainsi, que puis-je mettre en antithèse de la thèse des méchants microbes localisés à l’extérieur à notre organisme ? Ce n’est pas très sorcier de voir qu’il faut rechercher une thèse mettant en œuvre des gentils microbes présents en nous.

Dans cette antithèse, ces « microbes » chahutent en permanence. Parfois il peut arriver que le chahut devienne plus pervers. On parle alors de mutation vers des formes pathologiques appelées « virus » ou « bactéries » (cf chronique n°3). La première règle d’hygiène intellectuelle permet ainsi d’associer le nom de Louis Pasteur à la thèse et celui d’Antoine Béchamp à l’antithèse.

Un grand danger existe si l’on en reste à ce niveau. Car deux camps vont s’opposer en échangeant des invectives comme le Capitaine Haddock. Parfois même le débat pourra passer du terrain intellectuel au terrain charnel. Car la règle nous dit qu’il est impératif de toujours procéder à la synthèse après avoir examiné thèse et antithèse. Ceci signifie de reconnaître que thèse et antithèse détiennent toutes deux une part de vérité. Il est impératif de s’appuyer sur l’une et l’autre pour trouver un bon compromis. Ce compromis doit s’appuyer de manière équitable sur une thèse et une antithèse. Alors le compromis sera respectable, et surtout respecté, par ceux qui détiennent leur propre vérité.

Parménide et les autres

Le philosophe Zénon d’Élée a inventé la dialectique afin de défendre les thèses de son maître Parménide. Il s’agit d’un outil extraordinairement efficace qui permet de séparer la vérité de l’opinion. Parménide aimait ainsi à dire que l’être est, et le non-être n’est pas. Un corollaire immédiat était que si le non-être est, l’être n’est pas. Autrement dit, n’importe quel jugement, autre que tautologique, repose sur un critère implicite. Ce critère est, en même temps, un principe d’identité et un principe de non-contradiction. Platon d’Athènes a aussi beaucoup utilisé la dialectique. Un grand nombre de philosophes la reprendront à leur compte jusqu’à notre époque. Pour la première fois dans son histoire, on la chahute sérieusement. Cette révolution passe par le développement d’internet et des réseaux sociaux.

Gandalf et le Balrog

D’où mon conseil. Si d’aventure vous tombez sur l’un de ces sites où l’on développe à outrance une thèse quelle qu’elle soit. Tout en dénigrant systématiquement l’antithèse qui existe forcément. Fuyez!! Comme le crie Gandalf le Gris lorsqu’il affronte le Balrog dans la saga du Seigneur des Anneaux. Car le Balrog est un être de feu et de violence qui possède un très long fouet. Ce fouet peut vous rattraper même si vous pensez être à distance suffisante. Ce n’est qu’en acceptant d’affronter le Balrog que Gandalf le Gris pourra devenir Gandalf le Blanc. Autrement dit, Mithrandir pour les elfes et Olorin pour les experts.

Car Gandalf n’a pas peur de la mort comme le souligne cette phrase révélatrice. « Finir ? Non, le voyage ne s’achève pas ici. La mort n’est qu’un autre chemin qu’il nous faut tous prendre. Le rideau de pluie grisâtre de ce monde s’ouvrira et tout sera brillant comme l’argent ».

Certes, mais combien y a-t-il de Gandalf parmi vous ? Êtes-vous capable de surfer sur des sites où l’on ignore toute dialectique ? Pouvez-vous affronter des démons qui ne cherchent qu’à vous attirer dans l’ombre de l’ignorance ? Car ceci est une condition sine qua non pour que les émotions se déchaînent. Pour le meilleur comme pour le pire. Donc, croyez-moi, la fuite est tout à fait honorable. Comme les sites où la dialectique est respectée ne manquent pas sur internet, les refuges contre l’intolérance existent et doivent être privilégiés.

Pasteur versus Béchamp

Dans le cas qui nous préoccupe Pasteur versus Béchamp, je vous recommande le site suivant :  https://www.bonnes-habitudes.fr/. Il présente de manière non polémique les deux points de vue. Brigitte Fau, que je remercie ici vivement, assure la maintenance de ce site. Vous pourrez y découvrir la thèse d’Antoine Béchamp. On y trouve aussi un excellent condensé des deux livres écrit par Béchamp. Celui-ci fut le premier à introduire la notion de terrain en médecine. L’hydrologue Louis-Claude Vincent, quantifiera cette notion plus tard. Ce site satisfait pleinement aux exigences de la dialectique, avec une synthèse qui penche très nettement en faveur de Béchamp.

Car qui dit synthèse, dit nécessairement prise de position claire et nette. Rien ne serait pire en effet que de rester à mi-chemin entre thèse et antithèse. Il y a de fait des débats enflammés pour savoir si la vaccination est une chose merveilleuse. Ou, au contraire, une source potentielle de problèmes. Avant de vous lancer, veillez donc bien à avoir examiné tous les arguments des deux parties en présence.

Réseaux sociaux et vidéos

Ceci m’amène à la deuxième règle d’hygiène intellectuelle. Elle concerne le choix des sources pour s’informer. Je pense que la meilleure source d’information est d’abord la publication scientifique. On trouve ensuite le livre d’auteur, lui-même suivi du blog. Le blog précède la presse écrite qui devance de très loin les vidéos. En queue de peloton, on trouve les réseaux sociaux. Si je place les réseaux sociaux en dernier, c’est parce qu’on y bafoue systématiquement la règle de dialectique. On y trouve en effet moult vidéos et photos qui normalement devraient rester dans un cadre strictement privé. Pour ce qui concerne les vidéos, il y a YouTube, Vimeo, Dailymotion. Les vidéos qui mettent en jeu des êtres humains doivent respecter la règle de dialectique pour être au-dessus du panier.

Aucun souci aussi pour tous les magnifiques documentaires qui présentent le fonctionnement de la nature. De même pour les œuvres d’art, domaines où la vidéo apporte de manière évidente un plus difficile à rendre par écrit. Par contre, soyez bien conscient que la vidéo tue votre imaginaire. C’est pour cela qu’elle arrive juste avant les réseaux sociaux. Si je mets la presse écrite après le blog, c’est parce que la plupart des journaux sont aujourd’hui sous l’emprise de grands groupes commerciaux. Ces derniers n’ont que faire, par définition, de la dialectique. Puisque pour vendre il leur faut vanter un produit et dénigrer celui des concurrents. L’information y est donc très souvent biaisée par des intérêts financiers.

Blogs, livres et publications

Le blog, lui, est généralement indépendant. On y trouve donc une information moins biaisée si les règles de la dialectique y sont respectées. Le livre a été de tout temps une excellente source d’information. Il continue de l’être du moment qu’il respecte la dialectique. Reste la publication scientifique qui fournit a priori le plus haut niveau de qualité. Puisque la dialectique y est obligatoire. Hélas, depuis quelques années, même cette institution vénérable se trouve polluée par des intérêts financiers ou commerciaux. D’où un ensemble de règles à respecter impérativement pour distinguer le bon grain de l’ivraie.

Preprints

i) Toujours prendre avec des pincettes les “preprints” qui n’ont pas été expertisés par un comité de lecture. Ne se fier donc qu’aux articles publiés ou acceptés pour publication (sous presse) après évaluation.

Articles

ii) Pour les articles publiés, vérifier en premier lieu l’affiliation des auteurs. Pour que l’article vaille le coup d’être lu, il doit y avoir au moins un auteur dont l’affiliation universitaire est clairement établie. Par exemple, pour savoir qui je suis, suivez ce lien. Vous verrez y 3 icônes : “Publons”, “Google Scholar” et “Research Gate”. Ceci vous montre que je suis référencé par les moteurs de recherche universitaires. Donc, même si ce que j’écris semble être des bêtises, je possède la légitimité scientifique pour dire ces bêtises. Ce qui vaut toujours mieux que quelqu’un qui dit des bêtises soit par ignorance, soit par malveillance. Soyez très méfiants ou circonspects si aucun des auteurs n’a de profil scientifique dûment référencé.

Conflits d’intérêts

iii) Toujours sans avoir lu quoique ce soit, cherchez une rubrique “Conflits d’intérêts” (CdI) ou “Remerciements”. Si ces rubriques sont inexistantes, c’est pas bon signe. Car elles doivent exister même si rien n’est indiqué dedans. Si l’on mentionne des liens avec des activités industrielles ou commerciales, il convient d’être très prudent et critique.

Résumé

iv) Si tout va bien, lisez le résumé. Il faut voir s’il contient des acronymes ou des mots incompréhensibles. Si le résumé est truffé d’acronymes ou utilise des mots dénués de sens (jargon technique), la lecture est optionnelle. Car il faudra être un expert du domaine pour savoir de quoi il en retourne exactement.

Lire l’article

v) Si tous les feux sont au vert, lisez l’article en prenant des notes. Le style doit être impersonnel, objectif et sans jugements de valeur. Car en sciences, on affronte l’inconnu et non le connu. D’où une grande prudence et un grand respect pour ce qui a été écrit. En effet, ce qui est a été écrit peut rester accessible pendant des millénaires. Ceci oblige les auteurs à laisser les crises d’ego ou les attaques personnelles mesquines au vestiaire. Si les auteurs dérogent à cette règle, c’est qu’ils cherchent la polémique. Cela dévalorise toujours l’article.

Si vous respectez ces règles d’hygiène intellectuelle vous gagnerez un temps considérable. Vous pourrez glaner des informations fiables, pertinentes et objectives sur le COVID-19. Sans compter tout grand sujet de société qui peut influencer directement avec votre vie quotidienne. Vous pourrez aussi déjouer les pièges tendus par des hordes de Trolls ou de Balrogs de tout poil qui hantent les basses fosses d’internet.

Par Marc HENRY

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